Qui suis-je ?
Qui suis-je ?
Qu’en sais-je ?
Je suis un humain homme, conçu l’année érotique au soir du grand cas lunaire.
Les voix de chaque continent résonnent en moi comme autant d’appels ancestraux : Européen sur carte et fils de France, mes racines s’abreuvent aussi aux sources du lointain Orient. Mon enfance est africaine et mon cœur brésilien.
Mon père est presqu’entièrement Chinois ; il nourrit beaucoup de monde. Ma mère est née à Sainte Adresse.
Mes frères sont des anges, ma sœur un doux dragon aimé. Partout partout, mes cousins ne se comptent plus.
Je prends bien soin d’une petite fleur d’argent que m’a donné la Sagesse quand je l’ai épousée.
J’ai bâti sur la roche, là-haut perchée, d’où j’entends siffler le silence.
Inquiet de Nature, je place en la beauté mon espérance.
Techniques de peinture
Je travaille sur des formats de toutes tailles. Mes supports sont la toile ou le bois sur châssis , et parfois le verre.
Après de nombreux essais de techniques de peinture, je me suis plus particulièrement intéressé à celle de la cire saponifiée, dont l’ancêtre est l’encaustique, pour son mat incomparable, ses reflets nacrés en satiné.
Je peins également à l’huile, suivant l’ancienne technique inventée par les frères Van Eyck.
Je me sers essentiellement des techniques développées par Nicolas Wacker dans son petit livre «La Peinture à partir du matériau brut» que je conseille à tout peintre pour sa présentation complète des techniques de peinture et la justesse de ses propos sur la création d’art.
Quelques réflexions sur l’autoportrait en peinture

Il est souvent dit d’une œuvre d’art qu’elle est un autoportrait déguisé, et cela quel que soit le sujet traité. Que dire alors des tableaux d’autoportrait, thème que les peintres ont si fréquemment abordé ? Cézanne disait que le peintre lui-même est le modèle idéal, toujours à portée de main et moins remuant qu’une pomme, mais j’ai peine à croire qu’il se peignait « comme on peint une porte » ainsi qu’il l’affirmait. Peut-on s’attaquer à ce sujet ô combien singulier comme à un objet quelconque ?
Déjà, pour l’observateur extérieur, le spectateur, l’autoportrait d’un peintre est une peinture particulière. En pénétrant dans la salle d’exposition, et au premier coup d’œil, ce tableau tout d’abord l’intrigue. C’est pourtant peut-être, parmi tous ceux exposés dans ce lieu le seul qui ne lui soit adressé car si le peintre peint toujours pour l’autre, me semble-t-il, son autoportrait fait exception : il ne l’a peint que pour lui-même. Or, quel que soit l’angle de vue de notre visiteur, ce tableau-ci donc, cet homme-ci le regarde, avec ses yeux de joconde droit dans les siens. Notre invité s’approche et, s’y attarde-il un peu trop? , voilà que le portrait semble le dévisager, et même, étrangement, le peindre à présent. Il y a comme une intimité dévoilée par delà siècles et lieux, un miroir franchi.
Plaçons nous maintenant du point de vue du peintre, mais avant de parler de ma propre expérience sur ce sujet, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse sur mon approche de la peinture ;
Comme bien des peintres, je m’engage souvent dans un tableau sans dessein ni idées préconçues « à l’aveuglette » oserais-je dire. L’intention première, inévitable, qui déflore d’un jet de couleur la toile blanche, laisse maintenant place à un pilotage automatique. J’assiste sans résistance au tableau qui s’invente, dans une rhétorique toute picassienne ( « la peinture est plus forte que moi, et me fait faire ce qu’elle veut », « je ne cherche pas, je trouve », « je laisse mon corps à la porte de l’atelier » etc.…) Ici enfin quelque chose peut arriver, l’Autre peut-être, la surprise. Le temps de l’intention reviendra, plus tard. L’espace du tableau devient alors le théâtre d’un univers en raccourci ; du chaos sourd qui suit le silence blanc naissent des mondes qui se succèdent, avec des guerres de territoire, des frontières mouvantes, dictatures et révolutions, chocs et métissages, histoires englouties et traces retrouvées, déicides délicieux…Là oui, tout est permis : on peut commettre un meurtre en peinture… Plus tard peut-être, des êtres apparaîtront ici et là, nés d’accidents, de hasard et d’amour. Celui-ci est d’un bleu orangé, et, tiens, il semble vouloir nous demander quelque chose : une paix belle, et de caractère, durable et harmonieuse ; une œuvre.
Revenons à notre objet, le peintre, qui s’engage dans l’expérience de l’autoportrait et attaque son sujet avec cette même désinvolture. Le « lâcher-prise » appliqué dans cette entreprise et alimenté par le rythme régulier et hypnotique des frottements de l’outil sur le support, le conduit dans cet état second, rimbaldien, « je est un autre », parfois même effrayant, car il se laisse glisser dans les abymes fractales, avec comme unique garde-fou ce fil, ce trait qui le relie et le retient : L’horizon du trou noir est la frontière du non-retour et l’on ne veut, comme Narcisse, se voir tomber dans les abysses des Eaux dormantes. Attention ! Le regard autiste ne sort pas d’Ici, il rebondit du tableau au miroir, passe à l’œil puis au tableau encore, dans ce triangle fermé au centre duquel le moi se dissout, l’espace d’un instant.
Expositions personnelles
2011
- Galerie du Manoir de Pontgirard à Monceaux-au-perche (61)
- GMAC à Paris (75)
- Galerie Olena à Mortagne-au-Perche (61) à venir…
2010
- Galerie L’endroit à Paris (75)
- Galerie du Grenier à Sel à Bellême (61)
- GMAC à Paris (75)
2009
- Cercle des Arts à Cotignac (83)
- Galerie Libre-Cours à St Cyr-la-Rosière (61)
2008
- Galerie du Manoir de Pontgirard (61)
2007
- Galerie Libre-Cours à St Cyr-la-Rosière (61)
2004
- Galerie Corot à Ville d’Avray (92)
- Galerie du Manoir de Pontgirard (61)
2003
- Galerie Christine Colas à Paris
- Centre culturel de Brignoles (83)
2002
- Galerie Corot à Ville d’Avray (92)
2001
- Galerie l’œil du 8 à Paris
2000
- La Traverse à Paris (92)
- Galerie G. Bernanos à Paris
- Galerie Maurice Ravel à Paris
- Galerie Génivie à Paris
1999
- Le S.E.L Espace galerie à Sèvres (92)
1998
- La Flèche d’Or à Paris
Expositions collectives
1998
- Centre Dunois à Paris
- Salon des Arts de Rueil-Malmaison (78)
1997
- Courant d’Art à Sèvres (92)
1996
- Courant d’Art à Amiens (80)
1995
- Courant d’Art à Amiens (80)
1994
- Courant d’Art à Amiens (80)
1992
- Festival d’illustrations à Paris
Tanguy Kan. La Roche 61130 St Cyr-la-Rosière. T : 02 33 25 73 95
